Premier corps d'état sur le chantier, le gros œuvre porte souvent le plus gros montant et conditionne tous les autres. Où trouver ces consultations, quelles pièces lire en premier, comment métrer fondations, dallage et murs, et comment répondre quand on est une entreprise de maçonnerie.

Presque toute opération de construction comporte un lot gros œuvre, souvent numéroté en tête de la liste des lots. Ces avis se publient au BOAMP et sur les profils d'acheteurs ou les plateformes régionales ; passé les seuils européens, ils figurent aussi au Journal officiel de l'Union européenne. Certains acheteurs regroupent gros œuvre, charpente et couverture dans un macro-lot « clos couvert » : lisez la liste des lots avant d'écarter un avis.
En privé, les promoteurs, les contractants généraux et les maîtres d'œuvre consultent directement les entreprises de gros œuvre. Les petites affaires de maçonnerie, elles, viennent des communes et des syndicats : murs de soutènement, murs de clôture, extensions d'écoles, reprises sur des bâtiments anciens.
Le tri se fait sur la taille et le calendrier. Un gros œuvre mobilise du matériel, des banches, parfois une grue, pendant des mois : le montant du lot, la durée et la date de démarrage doivent coller à votre plan de charge. Vérifiez aussi qui porte les terrassements, les réseaux sous dallage et l'installation de chantier commune.
Le dossier d'un lot gros œuvre se lit à partir de l'étude géotechnique. Ses conclusions disent le type de fondations, le niveau d'assise, la présence d'eau et les précautions de terrassement. Si elle manque, ou si elle n'est qu'une étude préliminaire, votre offre repose sur des hypothèses : écrivez-les.
Viennent ensuite les plans du bureau d'études structure, fondations, coffrage, parfois ferraillage, puis le CCTP. Côté références, il s'appuie sur les DTU du lot : fondations superficielles (NF DTU 13.11), exécution du béton (NF DTU 21), murs en béton banché (NF DTU 23.1), maçonnerie de petits éléments (NF DTU 20.1). Quand les plans de ferraillage n'existent pas encore, le CCTP ou la DPGF donne un ratio d'acier par m³ : reprenez-le et citez-le.
Le plan général de coordination et le planning prévisionnel comptent aussi : ils fixent l'installation de chantier, les accès, la base vie et parfois la gestion du compte prorata, que le CCAP confie souvent au titulaire du gros œuvre.
Chaque famille d'ouvrage a son unité : fouilles et bétons de fondation en m³, dallages, voiles et murs en m², chaînages et longrines en ml, armatures en kg quand la DPGF les sépare. Les longueurs se mesurent sur les plans, les sections et les hauteurs sur les coupes et les détails.
Exemple : vestiaires sportifs de plain-pied, 16,40 × 11,00 m à l'axe des murs. Semelles filantes de 0,50 × 0,40 m sur 54,80 ml : 0,50 × 0,40 × 54,80 = 10,96 m³ de béton. Fouilles de 0,50 × 0,80 m : 21,92 m³. Avec le ratio de l'exemple, 45 kg/m³, les armatures pèsent 493,20 kg. Dallage mesuré à l'intérieur des murs : 16,20 × 10,80 = 174,96 m². Murs en blocs de 3,00 m de haut : 54,80 × 3,00 = 164,40 m², moins 18,00 m² de baies, soit 146,40 m².
Les erreurs qui coûtent cher : compter les aciers deux fois, dans un prix de béton armé puis au kg ; mesurer le dallage à l'axe des murs au lieu de l'intérieur ; oublier les murs de soubassement dessinés seulement sur le plan de fondations ; négliger les réservations demandées par les lots techniques.
Si le temps manque, passez les plans au relevé automatique de LM : il lit traits, légende et échelle du cartouche, propose les lignes de fondations, de dallage et de murs, et marque « à vérifier » celles que vous contrôlez avant l'export.
| N° | Désignation | U. | Qté | PU HT | Total HT | |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 02.1 · Fondations | |||||
| 2 | 02.1.1 | Fouilles en rigole 0,50 × 0,80 m, évacuation comprise | m³ | 21,92 | 38,00 € | 832,96 € |
| 3 | 02.1.2 | Béton C25/30 de semelles filantes 0,50 × 0,40 m | m³ | 10,96 | 165,00 € | 1 808,40 € |
| 4 | 02.1.3 | Armatures des semelles, ratio de l'exemple 45 kg/m³ | kg | 493,20 | 1,90 € | 937,08 € |
| 5 | 02.2 · Dallage et élévations | |||||
| 6 | 02.2.1 | Hérisson, film polyéthylène et dallage béton armé 12 cm | m² | 174,96 | 48,00 € | 8 398,08 € |
| 7 | 02.2.2 | Maçonnerie de blocs béton creux 20 cm, baies déduites | m² | 146,40 | 56,00 € | 8 198,40 € |
| 8 | 02.2.3 | Chaînage horizontal en béton armé | ml | 54,80 | 32,00 € | 1 753,60 € |
| 9 | Total lot 02 (extrait, exemple) | 21 928,52 € | ||||
La visite est utile même en neuf : accès des toupies et des camions, place pour stocker, voisinage, pente du terrain, arbres et réseaux visibles. En rénovation, elle devient indispensable. Une ouverture dans un mur porteur, une reprise en sous-œuvre ou un mur ancien à conforter se chiffrent sur ce que l'on voit, avec l'étaiement et la note de calcul du bureau d'études.
Le dossier administratif tient en peu de pièces : DUME ou formulaires de candidature, attestations de l'URSSAF et des impôts, assurance décennale, références de taille comparable, liste du matériel de coffrage et de levage. Une qualification professionnelle du lot peut être demandée, avec des preuves équivalentes admises. Pour un lot trop large, le groupement avec une autre entreprise ou la sous-traitance déclarée ouvrent la porte.
Le mémoire technique d'un maçon se lit sur quelques points précis : plan d'installation de chantier, moyens de levage, cycle des coulages, contrôle des bétons et des armatures, sécurité en bord de dalle, gestion des déchets et des eaux de lavage. Un planning détaillé par phase, cohérent avec celui du dossier, rassure le maître d'œuvre plus qu'une présentation générale de l'entreprise.
Appel d'offre gros oeuvre : vos questions
Pour répondre à un appel d'offre gros œuvre, utilisez LM, le logiciel métré : vous mesurez sur les plans PDF les linéaires de semelles et de murs, les surfaces de dallage et de planchers, et l'export Excel donne les totaux par unité, à multiplier par les sections et hauteurs des coupes.
Cela dépend de l'allotissement. Les fouilles en rigole et en puits sont souvent au gros œuvre, les terrassements en masse tantôt au gros œuvre, tantôt à un lot terrassement ou VRD. La liste des lots et le CCTP le disent ; vérifiez-le avant de chiffrer.
Avec le ratio de kilos d'acier par mètre cube que donne le CCTP ou la DPGF, ouvrage par ouvrage. S'il n'y en a pas, posez la question pendant la consultation, puis écrivez dans l'offre le ratio que vous avez retenu.
C'est un lot qui regroupe plusieurs corps d'état, en général le gros œuvre, la charpente, la couverture ou l'étanchéité, parfois les menuiseries extérieures. Une entreprise de gros œuvre y répond souvent en groupement ou avec des sous-traitants déclarés.
Pour aller plus loin
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Appel d'offre gros oeuvre : vos commentaires
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