Étude de prix charpente métallique : tout part du poids
En construction métallique, l'unité de base est le kilogramme, ou la tonne pour les grands ouvrages. On achète l'acier au poids, on le transporte au poids, et une bonne partie des temps de fabrication et de montage se raisonne en heures par tonne. Le métré a donc un objectif clair : obtenir le poids de chaque famille de pièces.
Le poids ne dit pourtant pas tout. Une tonne de grosses poutres simples se fabrique et se monte plus vite qu'une tonne de petites pièces pleines d'assemblages. Deux charpentes de même poids peuvent demander des temps d'atelier très différents. L'étude garde donc le détail par famille de pièces, pour appliquer à chacune le temps qui lui correspond.
Le cadre de référence de la mise en œuvre est le NF DTU 32.1, cité par la plupart des CCTP du lot. C'est le CCTP qui fixe les nuances d'acier, le traitement de surface, les tolérances et les exigences de protection au feu éventuelles. Lisez-le avant de mesurer : il dit ce que le poids doit inclure et ce qui se chiffre à part.
Le métré d'une charpente métallique, repère par repère
Le métré se fait sur les plans de structure : vue en plan des files de poteaux, élévations des portiques et des long-pans, plans de toiture avec les pannes et les contreventements. Chaque pièce a un repère et un profil, par exemple IPE 300 ou HEA 200.
Pour chaque repère, on relève trois données : le profil, la longueur unitaire et le nombre. Le poids se calcule ensuite avec la masse linéique du profil, lue dans le catalogue du fabricant, en kilogrammes par mètre. Les longueurs se mesurent à l'axe des pièces ; pour une traverse inclinée, c'est la longueur rampante qui compte, pas sa projection en plan.
Quand le dossier contient une nomenclature
Certains dossiers joignent une nomenclature des pièces ou un poids estimé par le bureau d'études. C'est une aide, pas une preuve. Contrôlez-la par sondage : remesurez deux ou trois familles de pièces sur les plans, recalculez leur poids, et comparez. Si l'écart est faible, la nomenclature peut servir de base ; s'il est fort, refaites le métré complet, car c'est vous qui vous engagez sur le prix.
- Poteaux et potelets, par profil
- Traverses ou arbalétriers, en longueur rampante
- Pannes et lisses de bardage, par ligne et par travée
- Contreventements : croix, butons, poutres au vent
- Platines, goussets, raidisseurs, en poids ou en majoration
- Tiges d'ancrage et boulonnerie, à l'unité
Mesurer les traverses sur la vue en plan donne leur projection horizontale, plus courte que la pièce réelle. Prenez la longueur sur l'élévation du portique, ou calculez-la à partir de la pente.
Exemple d'étude de prix charpente métallique : un hangar
Exemple. Un hangar de 30,00 m de long et 20,00 m de portée compte six portiques espacés de 6,00 m. Chaque portique a deux poteaux HEA 200 de 6,00 m et deux traverses IPE 300 de 10,05 m de longueur rampante. La toiture porte douze lignes de pannes IPE 160 sur toute la longueur, soit 30,00 m chacune.
Les masses linéiques utilisées sont celles du catalogue : 42,3 kg/m pour le HEA 200, 42,2 kg/m pour l'IPE 300, 15,8 kg/m pour l'IPE 160. Les poteaux pèsent 72,00 m × 42,3 = 3 045,6 kg. Les traverses, 120,60 m × 42,2 = 5 089,32 kg. Les pannes, 360,00 m × 15,8 = 5 688,0 kg. Total des profilés : 13 822,92 kg.
Les assemblages ne sont pas encore dessinés à ce stade. On applique une majoration de 8 %, valeur d'exemple à remplacer par celle de vos affaires passées : 13 822,92 × 0,08 = 1 105,83 kg. Le poids total à chiffrer atteint 14 928,75 kg, soit environ 14,9 tonnes.
Si le CCTP demande une peinture, il faut aussi la surface à traiter. Le catalogue donne la surface extérieure de chaque profil par mètre : 1,136 m²/m pour le HEA 200, 1,160 m²/m pour l'IPE 300, 0,623 m²/m pour l'IPE 160. On obtient environ 446 m² de surface à peindre, hors assemblages.
| Repère | Profil | Longueur totale (m) | kg/m | Poids (kg) | Surface (m²) | |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Poteaux, 12 × 6,00 m | HEA 200 | 72,00 | 42,3 | 3 045,60 | 81,79 |
| 2 | Traverses, 12 × 10,05 m | IPE 300 | 120,60 | 42,2 | 5 089,32 | 139,90 |
| 3 | Pannes, 12 × 30,00 m | IPE 160 | 360,00 | 15,8 | 5 688,00 | 224,28 |
| 4 | Profilés | 552,60 | 13 822,92 | 445,97 | ||
| 5 | Assemblages, majoration d'exemple 8 % | 1 105,83 | ||||
| 6 | Poids total à chiffrer | 14 928,75 |
Les postes de prix d'une charpente métallique
Une fois le poids et la surface connus, l'étude de prix valorise six postes. La matière se chiffre au poids, à partir des prix d'achat du moment, car le cours de l'acier bouge : datez toujours la consultation de votre fournisseur. Les études d'exécution et les plans d'atelier se chiffrent en heures de bureau d'études, souvent en proportion du nombre de pièces différentes plutôt que du poids.
La fabrication en atelier se raisonne en heures par tonne, différenciées par famille : poutres simples, pièces avec platines, treillis. Le traitement de surface se chiffre soit au poids, pour une galvanisation, soit au mètre carré, pour une peinture, avec le nombre de couches imposé par le CCTP.
Le transport dépend du nombre de convois et de la longueur des pièces : une traverse de plus de 10 m ne voyage pas comme un paquet de pannes. Le montage enfin combine une équipe, des moyens de levage et des nacelles, sur une durée qui découle du poids et du nombre de pièces à poser.
Restent les interfaces, source fréquente d'oublis. Les massifs et les tiges d'ancrage scellées relèvent souvent du gros œuvre, la couverture et le bardage d'un autre lot, la protection au feu d'un applicateur spécialisé. Le CCTP fixe ces limites ; reprenez-les noir sur blanc dans votre offre.

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