Devis quantitatif : ce qui le distingue d'un devis global
Un devis global annonce un prix pour un ensemble de travaux, avec une description plus ou moins détaillée. Un devis quantitatif va plus loin : il décompose les travaux en ouvrages, donne la quantité de chacun dans son unité, puis le prix unitaire et le montant de la ligne. Le total n'est plus une affirmation, c'est une somme que le client peut refaire.
Cette transparence sert d'abord à vendre. Un client qui compare deux devis comprend mieux celui qui détaille. Elle sert ensuite à modifier : si le client renonce à une prestation ou en ajoute une, on change une ligne sans tout rechiffrer. Elle sert enfin à facturer l'avancement, quand le chantier se paie par situations : on applique un pourcentage réalisé à chaque ligne, et la facture se justifie seule.
Le devis quantitatif a un revers : il expose vos quantités. Si elles sont fausses, le client ou son maître d'œuvre le verra. C'est une raison de plus pour les tirer d'un métré propre, dont chaque chiffre se retrouve sur un plan ou un relevé.
Comment faire un devis quantitatif, colonne par colonne
La forme est stable d'un métier à l'autre. Six colonnes suffisent, regroupées par lot, par pièce ou par façade selon ce qui parle le plus au client.
Rédiger une désignation qui protège
« Peinture façade » ne dit rien. « Peinture de façade en deux couches sur enduit existant, après nettoyage et traitement des fissures, teinte au choix du client dans le nuancier du fabricant » dit ce qui est compris, et donc ce qui ne l'est pas. Le jour où le client attend une troisième couche ou une teinte hors nuancier, la désignation tranche.
Une bonne désignation répond à quatre questions : quoi, avec quoi, sur quoi, et jusqu'où. Elle reprend les termes du CCTP quand il y en a un, pour que le maître d'œuvre retrouve chaque article. Elle mentionne les exclusions utiles, comme une reprise de support non prévue.
Sous-totaux, taxes et mentions
Chaque groupe se termine par un sous-total, et le devis par un total hors taxes, le montant de TVA au taux applicable à l'opération, puis le total toutes taxes comprises. Ajoutez la date, la durée de validité et les conditions de paiement. Les options se présentent dans un groupe séparé, avec leur propre sous-total, jamais mêlées au montant de base.
- N° : un numéro par ligne, hiérarchique (1, 1.1, 1.2), pour se référer sans ambiguïté
- Désignation : l'ouvrage décrit avec matériau, dimension, finition
- U. : l'unité de mesure, ml, m², m³, U, ens ou ft
- Qté : la quantité issue du métré, à deux décimales
- PU HT : le prix unitaire hors taxes
- Total HT : quantité multipliée par prix unitaire
Du métré au devis quantitatif : un ravalement en exemple
Exemple. Une maison rectangulaire de 10,00 m × 8,00 m a une hauteur de 5,50 m à l'égout. Les deux pignons de 8,00 m se terminent par un triangle de 2,40 m de haut. Elle compte huit fenêtres de 1,20 m × 1,25 m, une porte de 0,90 m × 2,15 m et une porte de garage de 2,40 m × 2,00 m.
Surface brute des façades. Long-pans : 2 × 10,00 × 5,50 = 110,00 m². Pignons, partie rectangulaire : 2 × 8,00 × 5,50 = 88,00 m². Pignons, triangles : 2 × (8,00 × 2,40 ÷ 2) = 19,20 m². Total : 217,20 m².
Ouvertures : 8 × 1,50 = 12,00 m² de fenêtres, 1,935 m² pour la porte, 4,80 m² pour la porte de garage, soit 18,735 m². Surface nette à traiter : 217,20 − 18,735 = 198,465 m², arrondie à 198,47 m². Dans cet exemple, l'échafaudage se compte sur la surface brute, car il couvre toute la façade, ouvertures comprises.
Le relevé sur place ajoute 14,50 ml de fissures à traiter et confirme les huit appuis de fenêtre à repeindre. Le tableau assemble ces quantités avec des prix unitaires d'exemple : ils illustrent la forme du devis et ne représentent pas un prix de marché.
L'oubli des pointes de pignon est classique quand on multiplie le périmètre par la hauteur à l'égout. Ici, il retirerait 19,20 m², soit près d'un dixième de la surface brute.
| N° | Désignation | U. | Qté | PU HT exemple | Total HT | |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 1.1 | Échafaudage : montage, location, démontage | m² | 217,20 | 11,00 € | 2 389,20 € |
| 2 | 1.2 | Nettoyage haute pression des façades | m² | 198,47 | 5,00 € | 992,35 € |
| 3 | 1.3 | Traitement des fissures | ml | 14,50 | 18,00 € | 261,00 € |
| 4 | 1.4 | Peinture de façade, deux couches | m² | 198,47 | 24,00 € | 4 763,28 € |
| 5 | 1.5 | Peinture des appuis de fenêtre | U | 8 | 35,00 € | 280,00 € |
| 6 | 1.6 | Protections, nettoyage et repli | ft | 1 | 350,00 € | 350,00 € |
| 7 | Total HT | 9 035,83 € |
Les erreurs qui fragilisent un devis quantitatif
Un devis quantitatif est lu de près, parfois par un professionnel. Ses faiblesses se voient, et elles coûtent soit la commande, soit la marge.
La première est la quantité sans origine. Si le client remesure et trouve autre chose, il doute de tout le devis. Gardez le métré à côté : plan surligné, relevé daté, calcul détaillé. La deuxième est l'unité incohérente : une corniche au mètre carré, une peinture de radiateur au mètre linéaire. Chaque ouvrage a son unité naturelle ; s'en écarter brouille la lecture.
La troisième est l'arrondi mal placé. On arrondit la quantité finale de chaque ligne, pas les calculs intermédiaires ; on garde des unités entières pour les comptages. Et on recalcule le total après toute modification : un tableur dont une formule a été écrasée par un chiffre tapé à la main donne un devis faux et signé.
La dernière est l'oubli des travaux préparatoires. Le client voit la finition, mais le temps se passe souvent avant : protections, dépose, préparation des supports. Une ligne pour chacun, même modeste, vaut mieux qu'un prix de finition qui les absorbe en silence.

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